Senac

Mactar FAYE


Directeur exécutif de la sécurité routière

Mactar FAYE

LA SECURITE ROUTIERE, UN COMBAT POUR LA VIE.

L’accident de la circulation est un véritable fléau synonyme de pertes de vies humaines, de blessures graves et de dégâts matériels importants.

Sur une période de quatre ans (soit entre 2012 et 2015), le Sénégal a enregistré 39.720 accidents ayant entrainé une perte de  1457 vies humaines et 68.515 blessés. Le chagrin et la détresse de ces gens est d’autant plus intense que de nombreuses victimes sont jeunes et que beaucoup de ces accidents auraient pu être évités.

Tableau 1 : statistiques d’accidents de la route au Sénégal

L’année 2016 a été pire : 651 morts contre 400 en 2015 soit une hausse inacceptable de 251 vies perdues dans les accidents de la route

Au-delà des aspects humains douloureux de leurs conséquences, les accidents de la route entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes ainsi que  leur famille. En effet, ils nécessitent des traitements coûteux, et entraînent une perte de productivité et de revenus pour la victime et les membres sa famille.

Aujourd’hui au-delà du discours moralisateur, il  faut se donner les moyens de combattre avec plus de fermeté les comportements irresponsables sur la route. Ces moyens seront :

  • Des moyens cognitifs: il s’agit de la formation  obligatoire pour tous les candidats au permis de conduire. Dans le domaine de la conduite automobile,  la formation vise l’acquisition ou l’amélioration des compétences qui sont entre autres la connaissance des règles de circulation, mais  aussi le développement des habiletés  et  des qualités personnelles du conducteur
  • Des moyens humains: pour coordonner et superviser les actions sur le terrain mais aussi vérifier l’impact de ces mêmes actions
  • Des moyens financiers: pour exécuter les plans d’action et s’engager dans des campagnes de sensibilisation massives et répétées
  • Des moyens répressifs: car dans toute politique de sécurité routière, il y a un volet répressif. La répression permet de construire une conscience collective et modifier les comportements. Il faut que les usagers sachent que la sanction n’est pas toujours utilisée à des fins punitives mais elle est aussi utilisée à des fins éducatives, préventives et curatives.

En l’absence de ces moyens, les gens resteront sur les lois naturelles, c’est-à-dire, qu’ils continueront à faire ce qu’ils veulent sur la route sans jamais être inquiétés. Nous attendons donc de l’Etat un renforcement de l’arsenal réglementaire et législatif.

Il ne doit plus y avoir d’excuses car il est grand temps d’agir avant que le discours des autorités ne souffre davantage de banalisation de la part de certains conducteurs orientés vers l’intérêt individuel, sans nécessairement respecter les autres et les lois.

La sécurité routière, est un combat, un combat pour la vie, que nous devons, dans notre pays, inscrire dans la durée.

Du 03 au 04 octobre 2017, le Sénégal abritera le premier forum international pour la  promotion  la culture de la prévention en Afrique. Nous remercions et félicitons les initiateurs et les organisateurs de ce double évènement (congrès, salon) qui permettra  des réflexions, des retours d’expériences et des rencontres professionnelles sur les conditions du bien-être au travail, aussi bien que sur les enjeux de la sécurité globale des entreprises.